Road trip Queen en Lozère

Ok, je l’admets. En Lozère, on n’a pas le zénith, ni Bercy, ni le stade de France, ni Pink Floyd, ni Lady Gaga, ni Rihanna. Ok, on le sait ça qu’on a que des menhirs et deux rivières. Mais on a aussi des cinémas…un ou deux ; je ne sais plus bien…enfin, des salles de cinémas qui passent des films comme Bohemian Rhapsody, le biopic de Freddy Mercury et de son groupe Queen.

Petit rappel wikipedia : Queen est un groupe de rock britannique crée en 1970 par Freddy Mercury, Brian May (le guitariste aux cheveux très longs), Roger Taylor à la batterie et John Deacon à la basse.

Quand j’entends « Queen », le présent se redresse, c’est un réveil qui me rappelle que je suis pas un invertébré, les tympans s’élargissent comme les coquillages qui réagissent aux vibrations. Ça m’fait comme un « sésame ouvre-toi », comme un effet Johnny chez d’autres. J’ai grandi avec, mon premier concert de Queen c’était celui de sa mort ; l’hommage à Freddy Mercury avec Elton John et toutes ces stars qui étaient autant de demi-dieux pour les frères et sœurs plus vieux. Du haut de mes neuf ans, j’avais trouvé ça incroyable. A côté, Henri Dès, c’était vraiment pour les mauviettes.

Alors Ma vie en Lozère est allé voir le biopic de Queen, « Bohemian Rhapsody », du nom du titre d’un de leur morceau mythique.

Un copain super viril, fan de Batman et qui travaille dans l’industrie avait pleuré à la fin du film, alors je me suis dis que si mon copain super viril fan de Batman et qui travaille dans l’industrie a pleuré à la fin du film, c’est que vraiment ça devait être un bon film. Ce copain-là c’est mon baromètre pour aller voir des trucs culturels.

Et bien c’était sympa à voir ce film, y’avait tout ce qu’il fallait et même des cafetières sacrées qui échappent aux coups de sang du batteur. Pas prétentieux, pas de provoc’, c’est le genre de film qui se voit avec le thé chaud sous le plaid à la maison en famille, comme on regarderait les Disney ou les comédies musicales pour chanter en même temps tous en chœur les morceaux fabuleux de Queen pendant que la neige tombe et puis après on jouera aux jeux de société et puis après ça sera la bûche, le dijo et les règlements de compte avant la reprise mais c’est la magie de Noël, c’est comme ça il y a des règles !

Mais Freddy Mercury, ça dépasse le film. Ça se vit, ça se vibre. C’est l’expérience Freddy ! Et pour ça la Lozère et toute sa nature incroyable sont les scènes parfaites pour vivre en mode Queen.

Y’a qu’à se rendre sur le causse de Sauveterre pour compter les menhirs en chantant « Prince of the Universe », sortie en 1986 pour le film et la série Highlander, une histoire d’immortels et d’Ecosse. Ça y est, vous êtes les rois du monde, avec du vent et de la bruine, on devine les épées cachées dans les doudounes, le ciel s’assombrit, et y’a comme un combat avec le soleil qui veut briller, briller, très fort prêt à exploser, le tonnerre gronde…je vous laisse avec la suite, après ça vous regarde, de toute façon un prince de l’univers c’est immortel donc je vous récupère quoiqu’il en soit à la station deux du trip Queen ; la cathédrale de Mende.

Dans le même délire, on se rend à la cathédrale de Mende pour allumer un petit cierge hommage et on met le single de « Who wants to live forever » dans le radio-cd de la paroisse ; sorti en 1986 aussi. Voilà, ça fait méditer trois minutes, on tcheck la main d’Urbain V et puis hop, on va au travail parce qu’à un moment donné faut vivre dans le réel, c’est pas McLeod qui va acheter notre poisson pané et payer le gasoil.

Au travail, je vous conseille d’écouter « I want to break free ».

Ça met du rythme dans la réalisation des tâches, on ouvre les dossiers avec plus de vigueur, on tape sur le clavier comme on joue du piano, avec panache, les chiffres s’enchaînent, payer, compter, taper, archiver, contacter, bouton rouge, bouton vert, envoyer, enregistrer, valider…tout est fluide !

Ça y est, c’est l’été, en bons lozériens convaincus d’origine parisienne, on chausse les Asics et on se régale à se rendre au semi-marathon Marvejols-Mende. Y’a pas mieux que « Don’t stop me know » (1979) pour ressentir l’ambiance du poulet-basquaise, de la sueur et de la ferveur. Faut les voir les mecs déguisés en schtroumpfs s’arracher les poumons à finir la course en face du Tribunal où y’a toujours une bonne vue, indépendante et impartiale du haut des marches. Et puis voir les premiers arriver ; y’a pas à dire, c’est toujours magnifique. Par contre faut gérer au niveau du temps, parce qu’il suffit d’un paquet de gilets jaunes mal placé et on loupe leur arrivée.

J’ai rien contre les gilets jaunes, d’ailleurs pour les voir, je mets BFM et puis je coupe le son et je mets « We Will Rock you » (1977) ; c’est tout comme en mieux…en vraiment mieux.

Des fois y’a pas besoin de parler, et puis donc y’a pas besoin d’écouter les gens parler. Juste une bonne musique au bon moment et on a tout compris : la rage, la révolte, le ras-le-bol, le tous-ensemble-sinon-rien,…

Et puis après les grèves, le travail et l’effort du sport, on va se la couler douce dans les gorges du Tarn, à s’égratigner les genoux sur les galets et à se peler les corps. Sur la route entre le causse et les gorges, on pousse le volume avec « Tie Your Mother Down » (1976). Au levé ou au couché du soleil, l’effet est dingue.

On se fait sa p’tite course de côte en solo, les arbres agitent les drapeaux à damiers. Et puis on dit bonjour aux écureuils.

Tout ça, c’est un cheval de la bande à Przewalski qui me l’a soufflé en mode « Cool cat » (1982) avec des chit-chat sur le causse Méjean.

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