Le marathon gourmand a commencé, le gâteau à la broche donne le ton !

Le marathon gourmand a commencé, le gâteau à la broche donne le ton !

En Lozère, on mange du gâteau à la broche, appelé aussi, le gâteau aveyronnais. La spécialité aveyronnaise est aussi une spécialité des Hautes-Pyrénées, et puis on en trouve aussi en Lituanie, en Allemagne, en Pologne…ça en devient fatiguant toutes ces revendications de terroir. Est-ce que les Bangladais revendiquent la fabrication de nos fringues de La Halle ou d’H&M ? En tous cas ça serait pas une mauvaise idée. De toute façon, c’est pas la frontière qui va donner le goût. C’est le rhum. Et le rhum qu’ils y mettent, j’suis pas sûr qu’il soit aveyronnais-aveyronnais.

Le gâteau à la broche, c’est un gâteau de fêtes. D’abord parce que c’est beau à voir. Ensuite parce qu’on doit faire honneur à celui qui l’a fait. Celui qui l’a fait, il a déjà cassé, pour un petit format de gâteau, 24 œufs ! Et pas que cassés. Il y a eu la séparation entre le blanc et le jaune. Puis, il doit tourner la broche 45 minutes minimum.
Ça marche pas comme le poulet qui se laisse dorloter tranquillement au chaud avec un petit moteur pour le bercer. Pour le gâteau à la broche, il faut une main qui tourne, l’autre qui écoule la pâte le long du cône, avec régularité et attention, qui ramène ce qui s’est écoulé au dessus, et ainsi de suite…Ça rentre pas dans le cahier des charges du fordisme, c’est un vrai truc d’humain qui se mange. Ensuite, il doit attendre 30 minutes que le gâteau tout chaud refroidisse pour le démouler. C’est une histoire de patience. Il y a la technique aussi. Le coup à prendre. Le sacré secret mystérieux qui se transmets de génération en génération.

La star

 

A la découpe, on admire le travail du tourneur parce qu’on peut visualiser toutes les couches de pâtes apposées avec patience par le maître artisan. C’est comme les souches des arbres qui parlent de leur âge, comme les lignes de la main qui te racontent que tu vas vivre en Lozère à manger du gâteau aveyronnais. D’ailleurs, le gâteau à la broche allemand s’appelle le baumkuchen, le gâteau-arbre.

      Le Baumkuchen

On se retrouve avec deux coques. Y’a la place pour faire un hot-dog géant. Ou un pot de chantilly géant avec les bords qui s’mangent. C’est un peu le même principe que le pain surprise.

Et c’est multifonction. Tu peux l’utiliser en bougeoir, en cache-pot, en vase, en vide-poche, pour colmater les fuites sur un tuyau, en bracelets, en collier. Tu peux faire la crèche avec. Tu peux même le manger ! Avec le café, c’est le top. Avec le thé aussi bien sûr. Avec la confiture, le fromage blanc, la pâte à tartiner qui n’a rien à voir avec le Nutella, le chocolat chaud…ça marche bien.

Il paraît que c’est les soldats de Napoléon qui sont revenus en France avec plein de bonnes choses de Prusse qui auraient importer sa recette…Comme si ils avaient eu que ça à faire. C’est nos Marco Polo à nous en quelque sorte….Et oui, parce que quand on découvre les Amériques, y’a qu’un homme qu’a fait l’boulot, c’est écrit dans les livres d’histoire, on fait des statues de lui, des films avec Depardieu et tout, mais pour découvrir le gâteau à la broche, là, y’a plus qu’des anonymes !

Quant au baumkuchen, il fait un tabac au Japon…C’est drôle comme un gâteau qui fête les traditions locales a fait le tour du monde. Pour les fêtes, cette année, ça sera gâteau à la broche fait en Lozère, acheté chez celui qui l’a fait, et il sera dégusté en trinquant à la santé du soldat anonyme au pays du tourteau ! Vous connaissez le tourteau ?

Christophe Brun du Fournil malénais en pleine conception du gâteau à la broche au marché de Noël de La Malène
…Et au milieu coule un paddle

…Et au milieu coule un paddle

Au bout d’un moment, quand on voit toute la journée les touristes avec la moquette qui ressort à se délecter de glaces à la p’tite cuillère pendant qu’on paie les factures et qu’on vend les timbres, ça donne des envies d’ailleurs.
Quitte à travailler au paradis autant en profiter. Action, réaction. J’ai réservé deux places pour une virée en paddle. Dans notre petit paradis des gorges du Tarn avec moquettes faisant trempette dans crème glacée, le paddle se pratique au couché du soleil jusqu’à la nuit noire. Comme ça on a le Tarn pour nous tous seuls. Avec les castors, on est les rois du monde.

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